Charles,
Tu dois, à tout prix, éviter de devenir le prochain Rodriguez – un homme qui s’est révélé incapable de faire preuve d’un minimum de bon sens dans cette affaire. À l’époque, je m’étais farouchement opposé à l’expulsion de Marwah du caucus et au maintien de cette suspension sous ta gouverne. Ce fut une erreur monumentale de ta part, une qui ne doit pas se répéter lorsqu’il s’agit des grands enjeux qui préoccupent les Québécois, en particulier les « pur-laine ».
Tu conviendras avec moi que si tu n’es pas capable de convaincre la majorité des Québécois francophones que tu es prêt à te battre bec et ongles dans l’intérêt du Québec – en particulier pour défendre et promouvoir la langue, la culture et la laïcité –, alors le PLQ n’aura aucune chance de former le prochain gouvernement cet automne.
Parlons maintenant de ton caucus : ses membres n’ont qu’un rôle consultatif. Ils n’ont pas de droit de veto sur les politiques du parti ni sur le prochain programme électoral. En d’autres termes, ce n’est pas aux Anglo-Québécois ni aux communautés culturelles de déterminer les politiques du PLQ. Et pire encore, en tant que chef, ce n’est pas à toi de te plier aux décisions collectives des députés, même si ces positions sont soutenues par une majorité au sein du caucus parlementaire.
C’est toi le chef, et ce que tu dis devient la ligne du parti. Point final. Tu dois donner aux opposants les plus acharnés une raison irréfutable de retrouver confiance dans le Parti libéral du Québec. Ni ton caucus ni tes membres ne sont en mesure de relever ce défi haut la main. Tout repose sur tes épaules. En bref, si nous perdons, ce sera à cause de toi. Si nous gagnons, ce sera grâce à toi.
Deuxièmement, tu dois comprendre que si tu ne réintègres pas immédiatement Marwah au sein du caucus, c’est fini pour le PLQ dès lundi prochain. Je me fiche complètement de ce que pensent tes députés : ce n’est pas une bataille d’ego au sein d’une aile parlementaire. Il s’agit d’une décision fondée uniquement sur le rapport du commissaire à l’éthique, rien de moins. Le rapport parle de lui-même et confirme la crédibilité de Marwah.
Ton talon d’Achille demeure un manque flagrant d’expérience politique. C’est à toi de prendre les grandes décisions et à ta députation d’en débattre, sans avoir le dernier mot sur ces politiques et enjeux auxquels est confrontée la nation québécoise. Si tu comprends cela, tu seras le prochain premier ministre, mais si tu te tiens à un processus décisionnel collectif beaucoup trop influencé par les communautés anglophones et culturelles, eh bien, tu ne le seras jamais.
C’est aussi simple que cela. Réveille-toi et assume tes responsabilités individuelles avec panache. Ton destin politique en dépend. Et surtout, ne deviens pas un autre Rodriguez.
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