À la suite des propos tenus vendredi dernier par le chef du PQ à la fin de la session, le PLQ a demandé à Paul St-Pierre Plamondon de retirer ses propos et de présenter ses excuses. Ce dernier refuse de se rétracter officiellement de ses prétendues allégations, estimant que sa déclaration, formulée sous forme interrogative, constituait un commentaire tout à fait légitime. Naturellement, Charles Milliard est d'un avis contraire.
Il fut un temps où l’ancien chef Pablo Rodriguez avait également donné son consentement au nom du parti pour préparer une mise en demeure, mais dans un contexte différent contre le Journal de Montréal. Cependant, aucune poursuite n’a été intentée malgré la mise en demeure.
Nous sommes en terrain glissant pour Milliard et les libéraux, car leurs avocats l’ont sûrement averti que si PSPP posait cette question publiquement — et a fortiori devant les médias —, il avait peut-être déjà la réponse… Dans un contexte similaire, rappelons-nous le procès remporté par Jean Charest contre le gouvernement du Québec et le procureur général à la suite de fuites policières de renseignements personnels.
En bref, il est clair que les stratèges du Parti libéral ne sont pas à la hauteur de la tâche : cette question ne devrait pas faire l’objet d’une procédure judiciaire, car le délai entre aujourd’hui et octobre prochain est trop court pour obtenir un jugement du tribunal.
De plus, d’un point de vue politique, répondre aux allégations du PQ ne fait que donner du crédit, à savoir, de l'oxygène à des propos qui semblent infondés et illégitimes. De plus, en nous défendant de cette manière, nous renforçons des idées – qui ne sont pas nécessairement déjà bien ancrées dans la conscience publique – selon lesquelles le PLQ est X, Y et Z. Enfin, certains milieux politiques ne manqueront pas de spéculer que le PLQ passe à l’offensive pour étouffer cette affaire pour des raisons qui ne servent que ses propres intérêts.
En conclusion, ce n’est pas une situation gagnante pour le parti. Par ses actions, le PLQ prend un risque considérable de voir notre niveau d'appui continuer à s’effondrer. Hélas, à suivre.