La dernière fois qu’une femme a pris la tête du gouvernement fédéral, c’était en 1993, lorsque Kim Campbell est devenue Première ministre. Au moment de son accession au pouvoir, le Parti progressiste-conservateur recueillait environ 12 % des intentions de vote. L’ère Mulroney avait causé de graves dommages.
Après avoir été élue à la tête du parti, Campbell a rapidement gagné 7 points, avec un taux de popularité supérieur à 40 %. De plus, elle a laissé Jean Chrétien loin derrière elle, avec un taux d’approbation de 51 %. Elle devançait ainsi largement Chrétien, qui n’enregistrait que 31 % dans les sondages.
Malgré sa popularité, Campbell n’a finalement pas réussi à traduire son soutien personnel en gains pour son gouvernement. Les libéraux ont pris la tête au cours de l’été, dépassant le PPC avec 40 %, soit une avance de 4 points.
À l'automne et pendant la campagne électorale, cet écart s'est creusé, le PLC formant un gouvernement majoritaire avec 42 % des voix, contre 16 % pour le PPC. Ce dernier, qui détenait auparavant un gouvernement majoritaire de 169 sièges, s'est retrouvé réduit à 2 sièges après les élections. En bref, Jean Charest et Elsie Wayne.
La leçon à en tirer est la suivante : même avec une forte popularité personnelle, rien ne garantit que ce soutien individuel sera à l'avantage de ton parti. Fréchette pourrait devoir faire face à ce genre de scénario, s'il venait à se produire lors des prochaines élections.