Il est temps d’arrêter de tourner autour du pot : nous avons perdu trois députés parce qu’ils n’appréciaient pas le style autoritaire du chef, ni la manière dont lui et l’OLO géraient les relations avec le caucus. Point final. Quiconque pense que d’Entremont, Ma et Jeneroux ont rejoint les libéraux par amour pour Carney et son gouvernement se fait des illusions. C’est absurde. Ils sont passés chez les libéraux parce que c’était leur seule option pour rester députés à long terme.
Mettons les choses au clair dès le départ : le PCC n’a absolument aucune chance de l’emporter dans les circonscriptions d’University-Rosedale, Scarborough Southwest et Terrebonne. Les récents sondages suggèrent que les libéraux rafleront les trois circonscriptions. Naturellement, comme je m’y attendais, Outhouse a prouvé qu’il ne connaissait rien à la politique québécoise et n’a pas réussi à bloquer un candidat du PCC à Terrebonne. Cette décision – ou plutôt, cette absence de décision – garantit une victoire libérale dans la circonscription. Bravo, les gars ! En politique, on ne vaut que par sa dernière décision, et Outhouse a échoué à ce test, tout comme Pierre.
En conséquence, les libéraux de Carney obtiendront enfin la majorité à la Chambre des communes et, en théorie, contrôleront le Parlement pendant les quatre prochaines années. Cela signifie que l’heure de vérité a sonné pour Pierre : seuls neuf des derniers sondages donnent aux libéraux une avance à deux chiffres. Pendant ce temps, Angus Reid leur donne une marge de huit points. Le meilleur sondage, datant d’il y a quelque temps, plaçait Pierre en tête du classement des « meilleurs premiers ministres », avec 44 % d’opinions favorables. Aujourd’hui, sa cote de popularité s’établit à -59 %. Prenez un moment pour bien en prendre la mesure. Et voici le coup de grâce : 49 % des Canadiens veulent qu’il démissionne, ce qu’il ne fera pas.
Je félicite Pierre d’avoir modéré son style de leadership, d’être plus ouvert à la flexibilité et aux nouvelles idées, ainsi que pour son approche inclusive récente en matière d’accès aux médias. Cependant, ces changements admirables ne feront pas évoluer ses résultats dans les sondages. C’est comme passer des lunettes aux lentilles de contact. Cela ne fait pas pencher la balance en sa faveur.
Donc… S’il veut avoir une chance de passer le cap des prochaines élections — qui auront probablement lieu l’automne prochain, étant donné que Carney et les libéraux sont tellement avides de pouvoir qu’ils viseront un mandat majoritaire des électeurs —, Pierre devra aborder publiquement ses nombreuses lacunes et s’engager à faire mieux à l’avenir. Outhouse ne lui dira pas ça, mais moi, je le ferai. Sinon, son caucus deviendra encore plus imprudent et frustré, et cela ne peut que se terminer par une remise au goût du jour de la Loi sur la réforme et, au final, par son renvoi sur la même voie qu’O’Toole. Étant donné que ses subordonnés ont joué un rôle actif dans l’éviction d’O’Toole, tout comme votre serviteur, ce serait ironique si cela finissait par revenir comme un boomerang pour mordre Pierre aux fesses.
Bref, Pierre, les mois entre aujourd'hui et l’automne prochain sont ta dernière chance de redresser la barre du Parti conservateur. Profites-en au maximum, sinon tu disparaîtras inévitablement de la scène politique en tant que chef.
Et pour aider tous mes collègues conservateurs à digérer ce qui précède, voici le dernier sondage Léger. Lisez-le, de préférence un verre à la main.
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