Parfois, avoir été journaliste porte ses fruits. On développe un certain sens de la communication, de la recherche et de la mise en contexte : ce sont les points forts de Drainville. Dès le début, il a tenté, avec politesse et tact, de présenter Fréchette comme une tour de gelée, se pliant au vent le plus populaire après une éternité d’indécision et d’incertitude. Aux yeux des observateurs, il semblait évident que sa campagne était principalement axée sur Christine la girouette. Une bonne stratégie pour marquer des points, mais clairement insuffisante pour remporter la course. Vous avez des doutes sur Fréchette ? Eh bien, me voici, prêt à prendre la relève de Legault.
Le seul véritable succès de cette stratégie a été d'enclencher la colère de la technocrate ; jusqu’à présent, elle ne semblait pas à la hauteur pour s’engager dans un débat et une discussion plutôt animés sur les enjeux politiques du Québec. À la suite de ces attaques, Fréchette a retrouvé ses repères émotionnels, laissant derrière elle l’impression d’être sortie d’une chaîne de montage de robots, un peu comme Stephen Harper.
C’est bien beau que Drainville soit un bon débattant, mais il lui manque la qualité la plus précieuse pour une campagne à la direction réussie : un soutien solide d’au moins une pluralité des membres. Ce n'est pas un secret que Bernard n’est pas très populaire parmi les députés, encore moins parmi les membres du parti. C’est un peu similaire à l’approche de Pierre Poilièvre, si l’on compare ses chiffres à ceux de ce dernier auprès du grand public. Bref, la CAQ ne peut pas remporter d’élections avec Drainville à sa tête. Voilà la triste réalité.
Quant à Fréchette, elle manque un peu de confiance et de chaleur charismatique nécessaires pour inaugurer une nouvelle ère de renaissance pour la CAQ. Elle est là pour sauver ce qu’elle peut, rien de plus. Il est fort probable qu’avec Fréchette comme cheffe, la CAQ ne se dirige pas vers l’extinction. Elle aura rempli sa mission, mais sans conserver le pouvoir. Les technocrates possèdent très rarement, au fond d’eux-mêmes, la passion brûlante requise pour reconquérir le Québec. Fréchette manque de la fougue nécessaire pour convaincre politiquement un peuple qui semble avoir déjà décidé que l’heure de la CAQ sera bientôt révolue.
No comments:
Post a Comment